Santé
Quatre bonnes raisons de se faire dépister du cancer du col de l’utérus
lundi 14 mai 2018,

La ministre de la Santé a annoncé la mise en place d’un troisième programme national de dépistage organisé, pour le cancer du col de l’utérus. Les femmes qui n’ont pas réalisé de frottis dans les trois années précédentes vont être invitées à effectuer l’examen qui sera pris en charge à 100% par l’Assurance maladie. Et ce dans le but de renforcer la prévention alors que la France est en retard dans ce domaine.

Le pronostic de ce cancer se dégrade en France

Chaque année en France, le cancer du col de l’utérus touche 3 000 femmes et cause 1 100 décès, faisant de lui la 12e cause de cancer et la 10e cause de mortalité par cancer chez la femme en France. Si le nombre de cas est par exemple moins élevé que pour le cancer du sein ( 53 000 nouveaux cas estimés en 2011), son pronostic est en revanche moins bon. Le ministère de la Santé estime en effet que plus de 6 femmes sur 10 (63 %) diagnostiquées en France avec un cancer du col de l’utérus survivent à leur cancer après 5 ans et 6 femmes sur 10 (59 %) après 10 ans.

Surtout, les données épidémiologiques indiquent que la survie à 5 ans tend à diminuer au cours du temps, passant de 68 % pour les femmes diagnostiquées en 1989-1993 à 63 % pour celles diagnostiquées en 2005-2010. « Grâce au dépistage, il y a moins de cancers diagnostiqués au stade invasif ; les cancers invasifs restants sont alors principalement des cancers de mauvais pronostic, notamment des cancers agressifs au développement rapide apparus entre deux dépistages ou des cancers avancés diagnostiqués chez des femmes non dépistées », explique l’agence Santé Publique France. D’où l’importance de réaliser un frottis entre 25 et 65 ans.

La couverture du dépistage est encore insuffisante

Si les autorités sanitaires observent depuis les années 80, une baisse de l’incidence et de la mortalité de ce cancer liée au dépistage par frottis, la couverture du dépistage en France est encore insuffisante. Selon un rapport sur la « survie des personnes atteintes de cancer en France métropolitaine » entre 1989 et 2013, celle-ci était de 53,3 % en 2009-2011 et de 62,1 % en 2010-2012 dans les 13 départements ayant bénéficié d’une expérimentation du dépistage organisé entre 2010 et 2014. Sans compter que les auteurs notent que « la participation au dépistage décroit à partir de 50 ans, le taux de participation des femmes de plus de 55 ans est inférieur à 50 %, il est de 65 % entre 25 et 45 ans. »

Or, le taux de participation recommandé par la Commission européenne est de 70 % et l’objectif du plan cancer 2014-2019 est fixé à 80 %. « Dans les pays où le taux de couverture de dépistage est très bas, le cancer du col de l’utérus est le 2e ou 3e cancer le plus fréquent chez la femme. En revanche, dans les pays où un dépistage par frottis cervico-utérin existe depuis plus de 60 ans, avec une couverture estimée proche de 60 %, ce cancer devient beaucoup plus rare », note l’agence Santé Publique France. Celle-ci s’était prononcée pour la mise en place d’un dépistage organisé qui permet « une meilleure couverture de la population en assurant une offre équitable sur un territoire de santé donné. »

C’est le meilleur moyen de repérer les lésions précancéreuses

Le cancer du col de l’utérus est principalement provoqué par un virus très courant appelé « papillomavirus humain » (HPV). Ce virus présent sur les tissus et les muqueuses se transmet le plus souvent lors de rapports sexuels, avec ou sans pénétration. Généralement, le corps élimine naturellement l’infection mais il arrive qu’elle provoque des lésions au niveau du col de l’utérus, qui peuvent évoluer lentement et sans aucun symptôme vers un cancer (10 à 15 ans après leur apparition). C’est pourquoi un frottis permet non seulement d’identifier et de reséquer les lésions précancéreuses, mais également de détecter un cancer déjà installé.

« Si un cancer est détecté à la suite d’un dépistage par frottis, il le sera le plus souvent à un stade précoce et pourra être traité avec des soins moins lourds qui, le plus fréquemment, permettront davantage de préserver la fertilité », précise l’Institut national du cancer (Inca). Ce dernier estime ainsi que 90 % des cancers du col de l’utérus pourraient être évités avec un frottis réalisé tous les 3 ans. Chaque année, 31 000 lésions précancéreuses ou cancéreuses sont détectées par frottis.

Même vaccinée, le dépistage par frottis reste indispensable

C’est le message que souhaitent faire passer les autorités sanitaires : il existe deux moyens pour prévenir le cancer du col de l’utérus :

la vaccination des jeunes filles pour prévenir l’infection par certains HPV,
et la détection précoce des lésions précancéreuses par frottis du col utérin.

Ces deux moyens sont complémentaire : ainsi, que la femme soit vaccinée ou non, un dépistage régulier par frottis tous les trois ans est indispensable. En effet, la vaccination protège de la plupart des virus responsables des cancers du col de l’utérus (les HPV de type 16 et 18 sont responsables de 70% des cas), mais pas contre tous ni contre toutes les lésions précancéreuses.

Le vaccin est recommandé pour toutes les jeunes filles de 11 à 14 ans et recommandé en rattrapage pour les jeunes filles de 15 à 19 ans révolus non encore vaccinées. Deux vaccins sont utilisables : le Cervarix (qui protège contre les virus de types 16,18) et le Gardasil (qui protège contre les virus de types 6,11,16,18). Mais encore une fois, Santé Publique France indique que la France fait office de mauvais élève car la couverture vaccinale anti-HPV est très faible : 20% à la fin 2015 pour une dose à 15 ans et de 14% pour trois doses à 16 ans (chez les jeunes filles nées en 1999). L’objectif fixé dans le Plan Cancer 2014-19 est d’atteindre un taux de couverture de la vaccination de 60 %.

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